Pietro di Cristoforo
Vanucci,
dit Il Perugino (1448-1523) : L’Ascension
du Christ en présence de la Vierge et des Apôtres (musée des Beaux-Arts de
Lyon). 2,80 x 2,16 m
Ces
deux œuvres passées d’un support de bois à un support de toile constituaient la
partie centrale d’un polyptyque composé de quinze
panneaux, exécutés entre 1495 et 1498 pour le maître-autel de la basilique des Bénédictins Saint-Pierre de Pérouse (Perugia).
Le contrat a été signé entre Le Pérugin et l'abbé Lattanzio di Giuliano da
Firenze, le 8 mars 1495, pour la somme considérable de 500 ducats d'or. Un
délai d'exécution de deux ans et demi maximum a été fixé. Les divers panneaux
furent réalisés entre janvier 1496 et la fin de l'année. L'inauguration
solennelle a eu lieu le 13 janvier 1500.
Dans
la partie supérieure du panneau central, le Christ, dans une mandorle ornée de
têtes de chérubins, est entouré de quatre anges musiciens.
Dans
la partie basse du panneau, la Vierge est accompagnée de treize personnages sur
fond de paysage bleuté. Tous les personnages sont richement vêtus. Ils sont
disposés sur trois plans différents. Au centre, la Vierge est encadré de saint
Pierre, à sa droite (il tient une grande clé), et de saint Paul, à sa gauche
(il tient l’épée de son martyre). Neuf apôtres auréolés sont légèrement en
retrait. Au premier plan, deux personnages, situés de part et d’autre du
tableau, complètent la composition. A droite, on reconnaît Jean, tenant un
livre.
Tous
lèvent les yeux et regardent le Christ à l’exception de Paul et d’un autre
apôtre.
Aux
pieds des personnages se trouvent des plantes finement détaillées.
Dans
la lunette placée au-dessus du panneau, apparaît « Le Père éternel entre deux
anges »
Sous
le panneau central était disposée une prédelle composée de 11 petits panneaux,
où 8 portraits et alternent avec trois scènes de la vie de Jésus.
Reconstitution du retable de Perugino
Cette
« Ascension » considérée en
son temps par l’historien florentin Giorgio Vasari, comme le chef-d’œuvre du
Pérugin, fut sans doute admirée par son élève Raphaël.
En
1591, à la suite de la restructuration du chœur de la basilique, la corniche de
soutien étant enlevée, les divers panneaux furent séparés et répartis dans diverses
pièces de l'église et de la sacristie.
Les
sept principaux éléments du retable furent saisis en 1797, par les armées révolutionnaires françaises, dans le cadre du Traité de Tolentino. Ils arrivèrent
à Paris, en août 1798, et figurèrent un court moment au Muséum central des Arts
de la République, avant d’être dispersés dans plusieurs musées de province.
En
1803, Rouen reçut les 3 éléments
principaux de la Prédelle (L’Adoration
des Mages – Le Baptême du Christ – La Résurrection). En 1809, Nantes reçut deux grands médaillons latéraux représentant les Prophètes David (à gauche) et Isaïe (à droite). En 1811, le couronnement avec « Dieu le Père bénissant » (lunette) fut
déposé dans l’église Saint-Gervais-Saint-Protais de Paris, et le panneau principal, « L’Ascension du Christ » entrait au musée de Lyon.
Après
les Cent jours (1815), il fut question de restituer le tableau de Pérugin au
Saint-Siège, mais le pape Pie VII en fit don à Lyon en 1816, en souvenir « des
témoignages de dévotion et d’attachement à sa personne sacrée donnés par le
peuple lyonnais toutes les fois qu’il est passé par cette ville ». Le 1er
avril 1816, le cardinal Consalvi confirma
la décision du pape.
Après
plusieurs tentatives de regroupement du retable à Lyon, une seule aboutit. En
1952, la lunette avec « Dieu le Père »
a retrouvé sa place au-dessus du panneau de « L’Ascension ».