jeudi 19 mai 2022

Sicile'22-J4 — Sélinonte et Agrigente

Il fait plus chaud que la veille, ce lundi 23 mai, au moment où nous prenons la route de Sélinonte. Nadine, au vue d'un cimetière, nous parle de la mort en Sicile. Aussi bien du coût des tombes (somptueuses), que de l'importance du terme de la vie, pour la famille familiale.

  

Arrivés à Sélinonte, le plus grand parc archéologique d'Europe (400 ha), nous nous dirigeons vers l'acropole où sont situés les temples E, F et G. À la fin de la matinée, nous les aurons parcourus tous les trois. Cette antique cité grecque a été fondée au ~ VIIe siècle par les colons de Mégara Hyblaea. Elle était bordée à l'Ouest par les phéniciens.


Sélinonte devint l’une des plus importantes villes grecques de la grande Grèce. Elle fut très longtemps en conflit avec Ségeste, alliée d’Athènes. En 413 avant J.C.,  les Athéniens furent vaincus par Syracuse. Ségeste demanda protection à Carthage. En 409 avant J.C., ces derniers vainquirent Sélinonte. Les temples furent alors  pillés et de nombreux bâtiments détruits.

La vie y reprit son cours mais sa splendeur ne fut jamais retrouvée. Le coup de grâce lui fut porté en 241, au cours  de la guerre punique lorsque les Carthaginois, pour ne pas la faire tomber aux mains des Romains, démantelèrent toutes les défenses restantes et détruisirent le centre d’habitation.

Le temple E, dédié à Héra, de style dorique, comme tous ceux de Sicile, date d'environ 450 avant J.C. il a été démoli par un tremblement de terre. Dans les années 1960, il a été relevé. Notons que c'est le seul en Sicile dans lequel il soit possible de pénétrer. C'est celui qui permet le mieux de constater le talent de constructeurs des habitants de Sélinonte.  

Le temple E

À côté, les temples F et G forment des amas de pierres, souvent gigantesques. L'ensemble est hérissé de quelques colonnes encore verticales. 

Voici quelques précisions sur ces temples : 

Le temple F, dédié à Athéna   —   Le temple G, dédié à Zeus

Afin de nous restaurer nous reprenons le chemin de notre club-hôtel à SciaccaCette petite ville est situé entre les deux zones archéologiques que nous visitons aujourd'hui. 

L'après-midi, cap sur Agrigente et sa fameuse vallée des temples

Sans même le temps de faire une sieste, nous mettons le cap sur Agrigente, « La plus belle des cités mortelles », pour le poète grec Pindare. Bien sûr, il parlait de la cité antique et non des innombrables constructions qui depuis le XXe siècle ont été ajoutées à ce site.  

À l'arrivée dans cette ville, Nadine, à cause de la chaleur, nous a conduit vers le Musée archéologique. D'emblée, nous découvrons et apprécions une exceptionnelle statue d'éphèbe en marbre du Ve siècle av. J.-C., qui fut découverte à Agrigente, il y a plus d'un siècle.

Ensuite, nous parcourons une vaste zone présentant des vases grecs. 



lundi 16 mai 2022

Sicile'22-J3 — Ségeste, Erice et Trapani

 Ce dimanche matin nous retrouvons Maurizio au volant de notre car en partance pour Ségeste.

Nadine évoque le mariage et la condition des femmes en Sicile, elle nous parle de Franca Viola. Les évolutions qu'elle a constatées ces quarante dernières années lui semblent très positives. 

Nous parvenons à Ségeste, à l'ouverture des portes d'un site admirable, situé dans une nature reposante et harmonieuse, presque isolé du monde, nous découvrons, après une montée apéritive, le temple.

Il semble avoir traversé le temps, il n'a jamais été reconstruit. Peu après nous remarquons que les colonnes doriques ne sont pas cannelées,  à intérieur et n'ont pas de traces de cloisons ou de toit. Il fut construit par les Elymes, les considérations qui viennent d'être énoncées — nous pouvons aussi voir que les blocs du soubassement portent encore leurs tenons de bardage qui n'ont pas été arasés —  permettent de penser que ce temple n'a pas été achevé. Une des hypothèses indique que les Elymes, alliés aux Athéniens au Ve siècle, après la défaite de ces derniers à Syracuse en 413 av. J.-C. ont cessé la construction au moment où ils ont recherché une nouvelle alliance avec les Carthaginois. 

Après ce moment de grâce,  nous avons pris la direction d'Erice. D'abord,une séquence autoroutière nous conduisit au pied du mont Gargallo, formidable rocher surmontant la plaine de Trapani, culminant à 750 m d'altitude. Notre autocar monte courageusement vers la petite cité médiévale. Enfin nous arrivons sur une place où de très nombreux véhicules essayent de stationner. Nous sommes un dimanche, le promontoire est envahi de promeneurs,

cathedrale erice 
 
Arrivés près de la porte de la ville, nous sommes accueillis par une énorme tour qui fait office de campanile. Elle fait un peu d'ombre au Duomo d'Erice, curieusement précédé d'un pronaos. À l'intérieur de cette Cathédrale, une belle tonalité crème et le fin décor en stuc de la voûte nous offrent une vision inattendue, mais d'une grande homogénéité, le chœur est à l'avenant, finement décoré de statuettes.
 

Nous empruntons la porte Garibaldi pour accéder aux tortueuses ruelles dotées d'un fort ancien et d'un  remarquable pavage qui semble d'une solidité à l'épreuve du temps. Bien sûr, les boutiques de souvenirs dominent, mais des échappées sur des cours intérieures fleuries retiennent notre attention. Ainsi que certains bâtiments, tel le le Centre culturel scientifique Ettore Majorana.


Bientôt, nous pénétrons dans un restaurant, La Pantolacia, où une nouvelle fois la cuisine sicilienne nous régala…

Nous reprenons notre promenade en quittant les ruelles pour monter à travers un jardin, vers le sommet. Une formidable perspective sur la plaine de Trapani s'offre s'offre à nous. 

Nous allons retourner à notre car, afin de retrouver le niveau de la mer.

Nous arrivons bientôt à Trapani, ses marais salants, bien sûr, mais ce chef-lieu (70000 hab.) de la province du même nom est surtout un grand port de pêche et 
de commerce, essentiellement dédié au trafic des passagers. 

Dans l'église des Saintes Âmes du Purgatoire (cela ne s'invente pas) nous parcourons dix-huit statuts grandeurs natures figurant la passion du Christ qui formeront une procession, le vendredi saint, nommée les mystères de Trapani. Voir par ici.

Encore une bien belle journée…

 


 
 


dimanche 15 mai 2022

Sicile'22-J2 — Mothya et Marsala

L'île de Mothya et la ville de Marsala, toutes deux situées à l'extrême ouest de la Sicile sont au programme de ce samedi.

Départ matinal, sous un beau soleil qui, sans chaleur excessive, nous accompagnera toute la journée. Notre chauffeur, Maurizio, mène notre autocar avec calme, souplesse et précision. Durant une partie du parcours qui va durer plus d'une heure et demie, Nadine nous brosse à grands traits une histoire de la plus grande île de la Méditerranée (25 700 km2). 

Défilent, après les premiers habitants (Sicules, Sicanes et Élymes), les Phéniciens (VIIIe siècle av. J.-C.) à l'Ouest et Grecs à l'Est. Les Carthaginois qui seront battus et remplacés par les Romains (241 av. J.-C.). Au milieu du 1er millénaire, les Byzantins (entre 533 et 827) puis les Musulmans. La Sicile devint Normande (de 1061 à 1194), L'empereur d'Allemagne, puis Robert II frère de Saint Louis, brièvement régnèrent. Ensuite pendant trois siècles la Trinacria fut dominée par les Espagnols, auxquels, en 1720, succédèrent les Bourbons. Enfin Garibaldi prit la Sicile en 1860 et la rattachera au jeune trône d'Italie. Si l'on ajoute le fracas des tremblements de terre et les reconstructions la diversité des styles que nous allons croiser s'explique.

Nous arrivons au point le plus à l'ouest de l'île triangulaire ; dans la mer apparaissent les parcs qui permettent l'extraction du sel de l'eau salée. Ce sont les Phéniciens qui les premiers ont pratiqué cette technique poursuivie obstinément depuis près de 3 millénaires. L'espace marin est structuré devant nos yeux par des zones où l'eau de plus en plus salée était transférée grâce à l'action de moulins à vent dont quelques-uns ont été restaurés, car des pompes, aujourd'hui permettent ce mouvement. 

Notre "bus" stationne devant des bateaux. Ils vont nous permettre de rejoindre, le kilomètre qui nous sépare de l'île de Mothya. Durant un petit quart d'heure, nous glissons sur une mer d'huile… afin d'accéder à l'espace que les Phéniciens occupèrent.

Nous pénétrons dans un riche musée, où, l'admirable Éphèbe nous accueille . Sinon, plus d'un siècle de fouilles sont rassemblées ici. Ce qui est le plus marquant sont les pièces qui rappellent les sacrifices des enfants destinés à obtenir l'aide des dieux dans les circonstances défavorables. Un masque "sarcastique" et des objets de la vie courante sont aussi présentés.

Nous traversons la petite île pour découvrir un bassin sacré avant de retraverser la zone des marais salants pour retrouver la terre ferme.

Nous retouvons notre car qui met le cap au Sud, vers la cité vinicole de Marsala. Bientôt nous pénétrons dans un nouveau remarquable musée (Parco Archeologico di Lilibeo — Marsala) dans lequel sont mis en valeur et expliqués les restes du seul navire phénicien aujourd'hui retrouvé (précisément, devant cette ville). De nombreux autres objets sont aussi présentés.

Nouveau point d'orgue, ensuite, puisque nous nous restaurons délicieusement dans un espace, anciennement des chaix de vin, d'une hauteur démesurée et de forme ogivale. 

La cantina de Pellegrino nous accueille ensuite. Cette entreprise vinicole fondée en 1880 nous est présentée par une charmante et dynamique sicilienne. En français, elle nous initie à la fabrication du nectar local, puis au milieu d'une symphonie de tonneaux, une dégustation nous est proposée.

À la sortie, nous nous dégourdissons les jambes en parcourant la (courte) rue principale de la ville qui nous conduit de la porte Garibaldi à la vaste cathédrale.

Retour à 19 h 15, dans notre sympathique et accueillant, hôtel club Lipari, dont nous vous parlerons, avant la fin de notre séjour.




vendredi 13 mai 2022

Sicile'22-J1 — Arrivés à bon port !

Un voyage sans histoire a permis au groupe de 42 acorfistes de quitter Orléans à 2 h 10 (du matin) vendredi 13 mai. Notre très moderne autocar mené de main de maître par un très sympathique chauffeur, Sami, nous laissa devant le terminal 3 de Roissy CDG peu après 4 h 35. Formalités, café, embarquement… 

À 7 H 30, notre Boeing, tous réacteurs vrombrissant, décolla. Deux heures après sous un ciel bleu, la côte sicilienne nous permit d'apprécier des amas rocheux et des vallées, avant un atterrissage presqu'en douceur, à l'image de notre vol.

 


Une fois les bagages récupérés, nous fîmes connaissance de notre guide Nadine, qui après une jeunesse passée  à Hyères, partit faire des études à Rome et se fixa en Sicile où un mariage qui dure depuis 40 ans, la conduisit. 

Enfin, après 1h15 de route,  Notre autocar arriva à notre hôtel, le Club Lipari à Sciacca, dans lequel nous allons passer quatre nuits.


lundi 4 avril 2022

Un important retable d'un artiste italien offert au musée d'Orléans

Palma Giovane (1548-1628) 
La Nativité de la Vierge 
(vers 1600)
Huile sur toile 3,19 x 1,94 m

Dans son article du 31 mars 2022, Didier Rykner (directeur du site Internet « La Tribune de l’art ») annonce l’acquisition d’un grand retable de Palma Giovane (1548-1628) par le musée d’Orléans.

Palma le jeune (né Jacopo Negretti)  est le fils du peintre Antonio Negretti, et le petit neveu de Palma le Vieux (1480-1528). Le début de sa production artistique date de 1565. Peintre maniériste, il est l’héritier des grands artistes vénitiens du XVIe siècle, Titien et surtout Tintoret.

Palma le jeune a exécuté plusieurs fois le sujet de la naissance de la Vierge, mais toujours avec des variantes dans la composition.

Dans la version d’Orléans, une douzaine de personnages occupent l’espace de la toile. A l’arrière plan, on reconnaît Anne, la mère de Marie, qui vient d’accoucher ; cinq femmes s’affairent autour d’elle, et quatre autres, au premier plan, donnent les premiers soins à Marie qui vient de naître. A droite, le seul homme présent est Joachim, le père de Marie.

Dans la partie supérieure, quatre chérubins ailés soulignent la présence divine.

Cette très grande toile était présentée par la galerie Canesso à Paris. Cette acquisition exceptionnelle a pu se faire grâce à la grande générosité de la Fondation La Marck* qui, par l’intermédiaire de la société des amis du musée d’Orléans, a pu financer ce remarquable achat, constituant un enrichissement significatif.

Dans les collections du musée, les artistes vénitiens sont déjà représentés par un portrait attribué à Jacopo Robusti, dit Il Tintoretto, et par « Le Christ entre la Vierge et saint Marc » de Bonifacio de’ Pitati, qui fut le petit-neveu et l’élève de Palma le Vieux, et l’oncle de Palma le jeune.

 

(*) Philippe Champy, de nationalité française, est le fondateur de la Fondation La Marck qui s’est donnée pour tâche la sauvegarde du patrimoine, et l’enrichissement des collections publiques.

 

samedi 26 mars 2022

Une coupe de la Renaissance italienne retrouve son précieux couvercle


Cette remarquable coupe a très probablement appartenu à Rodolphe II de Habsbourg, avant de faire partie de la collection du cardinal Mazarin, puis de Louis XIV. En effet, la coupe et le couvercle de Vénus et Cupidon sont clairement décrits en 1661 dans l'inventaire posthume de la galerie du cardinal : « Une grande tasse d'une seule agathe d'Allemagne en coquilles, portée par un dauphin d'argent vermeil doré posant sur une coquille aussy d'argent vermeil doré, avec son couvercle d'une autre grande coquille d'Allemagne, aussy en coquilles, sur laquelle est entaillé une Venus tout nue couchée sur un drap et un petit amour auprés entourée d'un bord d'argent vermeil doré. »

Le vase resta dans les collections royales jusqu’à la Révolution. En 1796, sous le Directoire, le vase fut donné en paiement à un marchand comme d’autres œuvres des collections nationales.

Att. à Giovanni Ambrogio Miseroni (1551-1616) :
Coupe en a
gate des Grisons et argent doré
11,5 x 19,8 x 13,7 cm

La coupe seule réapparut dans une vente en 1968, où elle fut acquise par préemption par le Louvre ; mais le précieux couvercle avait disparu.

Att. à Giovanni Ambrogio Miseroni :
Camée « Vénus et l'Amour ». 
Agate des Grisons, monture en argent doré
9 x 20,5 x 14 cm 

Cinquante ans plus tard, le camée qui forme son couvercle, fut identifié à son tour dans une collection privée.

Gravé dans une agate des Grisons, ce camée représentant « Vénus et l’Amour  endormis dans un coquillage » est un véritable chef-d’œuvre de la glyptique de la Renaissance italienne. C’est l'une des plus importantes œuvres attribuées à Giovanni Ambrogio Miseroni (1551-1616), un des plus grands sculpteurs de pierres dures de son temps.

L’acquisition de ce camée par le musée du Louvre était une occasion exceptionnelle de rassembler les deux parties de la coupe de Louis XIV et, par-là, de recomposer une œuvre hors norme, l’une des créations les plus originales des lapidaires italiens du XVIe siècle.

Le cygne et la bordure curviligne en vermeil ont été attribués à l’orfèvre d’Augsbourg Anton Schweinberger (actif fin XVIe, début XVIIe s.).

Le prix de ce seul couvercle était évalué à 2 620 000 euros. La Société des Amis du Louvre a soutenu l’opération à hauteur de 250 000 euros, et plusieurs grands donateurs sont intervenus. De plus, le musée du Louvre a fait appel à la générosité de tous afin de réunir 1 million d’euros avant le 25 février 2022. L’opération  a été couronnée de succès, de sorte que le Grand camée de Vénus et l’Amour a retrouvé sa coupe, parmi les Gemmes de la Couronne, présentées dans la galerie d’Apollon.

 

 

mardi 15 mars 2022

Un exceptionnel médaillon Renaissance entre au MOMA


Vers le milieu du XVIIe siècle, un aristocrate anglais, George Treby III, rapporta cet objet de son Grand Tour en Italie. Cet extraordinaire médaillon en bronze partiellement doré et incrusté d’argent demeura dans cette famille jusqu’en 2003 où il fut proposé à la vente, et adjugé 6 949 250 £, dépassant son estimation.

Les institutions britanniques se mirent alors en ordre de bataille en refusant la sortie du médaillon et en réunissant les sept millions de livres correspondant à son adjudication afin de lui permettre de rejoindre les collections nationales, en l’occurrence le Victoria & Albert Museum.


Attribué à Gian Marco Cavalli (~1454-apr. 1508)
Vénus et Cupidon dans la forge de Vulcain (~1500)
Ø 42 cm - New York, The MOMA

Mais le nouveau propriétaire retira sa demande d’exportation quelques mois plus tard, conservant ainsi la sculpture sur le sol anglais. Le médaillon resta probablement dans la famille Al-Thani jusqu’en 2019 puis fut vendu au marchand Daniel Katz, qui déposa une nouvelle demande de sortie du territoire en 2021 : celle-ci engendra un nouveau refus de la part du DCMS, l’équivalent britannique de notre Ministère de la Culture. Son prix avait cependant augmenté, passant de sept à dix-sept (!) millions de livres, montant impossible à rassembler pour les musées anglais.


Le médaillon put ainsi être acquis par le Metropolitan Museum of Art de New York qui l’a officiellement annoncé le 23 février 2022. Il fallut cependant réunir un grand nombre de mécènes puisque le prix astronomique de cette pièce fut dévoilé par la presse américaine : avec 23 millions de dollars.


Le médaillon n’était vraisemblablement pas considéré comme un chef-d’œuvre de la Renaissance italienne par la famille Treby. Depuis il a été bien étudié. Son attribution à Gian Marco Cavalli, graveur, médailliste et orfèvre actif dans l’entourage d’Andrea Mantegna repose notamment sur la présence du cheval sur le casque forgé par Vulcain, dans laquelle les spécialistes voient une « crypto-signature » de l’artiste surnommé « Cavallino ». L’entrée du médaillon dans une collection muséale devrait lancer de nouvelles études sur cet objet qui doit beaucoup à Mantegna.

 

L’iconographie du médaillon est facilement reconnaissable : on y voit Mars avec son bouclier, Vénus tenant l’Amour avec son arc et sa flèche puis Vulcain forgeant son casque tandis que deux putti encadrent la scène, le premier jouant avec l’épée de Mars et le second attisant le feu de Vulcain. Un cartouche, ou tabula ansata, vient cependant nous renseigner davantage : l’inscription latine CYPRIA MARS/ET AMOR GAUDENT/VULCANE LABORAS (Chypre Mars et Amour se réjouissent — Vulcain, tu travailles) souligne combien certains prennent du bon temps pendant qu’un autre travaille. Ce sujet était en vogue dans les cours italiennes de la Renaissance.


dimanche 13 février 2022

Réveil de l'Etna



Violente éruption de l’Etna — Le volcan sicilien a eu en 2021 une activité soutenue. Il s’était apparemment engourdi cet hiver et semblait dormir sous un manteau neigeux. Le 10 février, il s’est brutalement réveillé. Des jets de lave de plus de 500 mètres de hauteur ont jailli du cratère sud-est et des cendres volcaniques ont été projetées jusqu’à une dizaine de kilomètres dans l'atmosphère. Ces phénomènes explosifs violents ont été accompagnés par des coulées sur le flanc de la montagne.