samedi 26 décembre 2020
Visite des musées des Beaux-Arts de France
vendredi 25 décembre 2020
Passatempo, violon d'Ingres, hobbies, passion, passe-temps, dada…
Le titre de cet article est déjà tout un programme. Parmi cet étrange inventaire, le mot que je préfère est violon d'Ingres, qui nous renvoie à ce grand peintre, dont Jean-Louis nous a parlé sur ce blog le 7 mai 2020.
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| Le fameux violon ayant appartenu à Jean-Auguste Dominique Ingres. Ville de Montauban - Musée Ingres Bourdelle. |
Dans le passé, le nom de dada était souvent employé. L’expression anglaise : a second string to one's bow (une seconde corde à son arc) est aussi très parlante. Il s’agit d'une activité à laquelle nous aimons nous consacrer en dehors de notre profession. Pour les retraités que nous sommes, en très grande majorité à l'ACORFI, cela devient l’activité principale. Les adhérents se passionnent pour l’Italie, la langue italienne, la civilisation italienne… et beaucoup d’autres choses
Alors, acorfiens, je vous invite à nous décrire sur ce blog, votre passion qui vous prend tant de temps. Cette présentation peut être écrite, orale, audiovisuelle, selon votre préférence. Si vous le souhaitez, nous vous aiderons à la réaliser et à la mettre en ligne. Toutes ces contributions seront repérables grâce au libellé Mon violon d'Ingres.
samedi 19 décembre 2020
Connaît-on bien la vie aventureuse de la "Joconde" ?
Tout le monde croit connaître l’histoire de la Joconde, mais c’est peut-être ce tableau qui a vécu les plus nombreux déplacements et les aventures les plus périlleuses.
La date de création du tableau fait débat, les dernières recherches laissent penser qu’il a été réalisé entre 1513 et 1516, et même 1519.
À la mort de son protecteur Julien de Médicis, en mars 1516, Léonard de Vinci répond à l'invitation du roi de France.
Le voyage de Léonard n'a jamais été consigné dans
le moindre registre. Tout juste sait-on qu'il est parti de Rome après la mi-août 1516, quand les sentiers muletiers ne sont
plus enneigés, et qu'il s'est arrêté plusieurs jours à Florence pour faire ses
adieux aux siens. Dans ses bagages, il
transporte trois tableaux importants : « La Joconde », la « Sainte
Anne » et le « St
Jean-Baptiste ». (tous actuellement au Louvre)
Au début de l’automne 1516, Léonard franchit les Alpes. Il a probablement emprunté la route reliant Turin au val de Suze, avant de descendre la Maurienne vers Chambéry, Lyon et Roanne. Il a dû mettre deux mois pour rallier Amboise, où l'attend le jeune roi de France. Un voyage périlleux et éreintant pour un homme de 64 ans. La Joconde a fait le voyage dans une sacoche de cuir, peut-être à dos de mulet.
En 1518, le roi acquiert La Joconde, qui entre dans les collections royales. Au château de Fontainebleau, elle est présentée dans l’appartement des bains situé sous la galerie François 1er. Ce qui n’est pas le meilleur endroit pour la conservation d’une peinture sur bois.
Louis XIV fait venir le tableau au Louvre, puis à Versailles.
En 1798, pendant la Révolution, le tableau est présenté au Louvre. Napoléon 1er le fait placer dans les appartements de Joséphine aux Tuileries.
Puis le tableau rejoint le Louvre. Le 21 août 1911, un peintre en bâtiment et vitrier d’origine italienne, Vincenzo Peruggia, vole le tableau, et tente de le vendre à un antiquaire florentin. Le tableau est restitué en 1913, après avoir fait une tournée triomphale à Florence, Rome et Milan.
En 1914, La Joconde, comme une grande partie des collections du musée, est mise en sécurité à Bordeaux puis à Toulouse. A la fin de la guerre, elle retourne au musée du Louvre ; elle est alors installée dans la Grande galerie.
En septembre 1938, à la suite de l'annexion de la région des Sudètes imposée par Adolf Hitler, et dans le contexte d'un risque de guerre, Jacques Jaujard, directeur des Musées nationaux, prend la décision de mettre La Joconde en sécurité au musée Ingres à Montauban. Quelques semaines après leur départ, les accords de Munich semblent écarter le danger, le tableau réintègre le Louvre
Entre le 27 septembre 1938 et le 17 juin 1945, La Joconde fut déplacée dix fois. Pour le voyage, elle était enfermée« dans un capitonnage en velours rouge, lui-même disposé dans un écrin de bois précieux, lequel était placé dans une caisse à double paroi en bois de peuplier. Elle était identifiée par le seul matricule «MNLP n° 0» (Musée National du Louvre Peinture). Le n° 0 accompagné de 3 points rouge, la désignait comme l’œuvre la plus importante du musée.
En 1939, lorsque la guerre semble inéluctable, les chefs-d'œuvre du musée sont évacués selon un plan conçu dès 1938 par Jacques Jaujard. L’ambition est de mettre ces œuvres hors de portée des Allemands. Les œuvres sont dispersées aux quatre coins de la France et placées dans divers endroits.
Jaujard fait fermer le musée du Louvre le 25 août 1939, et placer les œuvres dans des caisses. Le 28 août 1939, à 6 heures du matin, le déménagement de tableaux le plus important de l’Histoire commence.
En quatre mois, 5 446 caisses contenant les collections du Louvre, d’autres musées parisiens et de propriétaires privés, quittent la capitale dans 199 camions répartis en 51 convois, vers onze abbayes et châteaux de l’ouest et du centre de la France.
« La Joconde » part d'abord pour le château de Chambord, où transitèrent, à cette période, de nombreuses peintures et sculptures des musées parisiens.
Le 14 novembre 1939, la Joconde est transportée à Louvigny, près de Caen. Mais le 31 mai 1940, La Joconde est remise dans sa caisse, et quitte Louvigny le 3 juin 1940 à 5 h 15 du matin pour Chambord. Après une brève halte à Chambord les 3 et 4 juin 1940, elle prend la route de l’abbaye de Loc-Dieu dans l’Aveyron où elle séjourne tout l’été. Du 3 octobre 1940 au mois de mars 1943, Mona Lisa séjourne au musée Ingres de Montauban, puis, l’invasion allemande de la zone libre oblige ses gardiens à la remonter un peu plus au Nord, au château de Montal-en-Quercy, dans le Lot, où elle demeurera jusqu’à la fin de la guerre. Mais elle aurait aussi transité par diverses demeures anonymes du Lot et des Causses, qui auraient ainsi accueilli le tableau jusqu'en juin 1945 où il sera réinstallé au Louvre.
En 1962, elle voyage à Washington et New York. Elle est accueillie comme un chef d’État par John Fitzgerald Kennedy et son épouse. En 1974, elle est invitée à Tokyo. Au cours du voyage de retour, elle fait une halte à Moscou. Partout elle reçoit un accueil triomphal. Depuis, tout voyage lui est strictement interdit, elle doit rester confinée au Louvre.
jeudi 17 décembre 2020
CORREGGIO ou les Amours mythiques
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| Jupiter et Io (Vienne) |
Voici un petit texte à ma convenance. Je l'ai traduit en français pour le partager avec vous, chers amis orléanais.
Vers 1530, le grand Antonio Allegri, plus connu sous le nom il Correggio ou Le Corrège, recevait une commande portant sur la réalisation d’une série de peintures sur le thème des Amours de Jupiter.
On les considère aujourd’hui comme les plus sublimes représentations de l’art érotique du cinquecento
Un petit poème de l’époque nous en rappelle la renommée :
Pendant que Antonio Allegri quittait le monde des mortels, les Grâces affolées se pressèrent aux pieds de Jupiter, le souverain de tous les Dieux. Elles le prièrent de recevoir dans l’Olympe, un maître aussi renommé, car lui seul, pour la postérité, pouvait peindre avec splendeur, les chairs veloutées des Déesses dans leur suprême Vénusté. Et le grand Jupiter approuva.
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| Léda et le Cygne (Berlin) |
Ce texte fut composé en vers latin par le gentilhomme Fabio Segni, puis adressé à Giorgio Vasari soulignant ainsi le sommet qu’atteignit le peintre des Grâces, dans la plénitude de son art visuel, sensuel et pourtant éthéré.
Le fait que l’auteur du petit poème fût florentin nous indique que la renommée d’Allegri avait dépassé les frontières régionales grâce à l’admirable perfection de ses œuvres.
La consécration païenne de Correggio rééquilibrait ainsi, de façon inattendue, la tonalité plus connue de son œuvre religieuse où tableaux et retables rejoignaient les ciels infinis qu’il avait prodigieusement démantelés… dans les coupoles de Parme.
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| Danaé (Rome) |
Rappelons qu’en 1518, encore tout jeune maître, il réalisa un ensemble décoratif important dans le logis abbatial du couvent San Paolo à Parme.
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| La chambre de l'abbesse |
La voûte de la Chambre de l’Abbesse, Giovanna Piacenza, fut peinte par Correggio et terminée en 1519. Divisée en 16 compartiments concaves, elle est ornée de 16 lunettes en grisaille, avec une série de personnages mythologiques. Et dans les 16 oculi, apparaissent de joyeux et malicieux putti. Il s’agit du premier décor monumental du peintre.
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| L'Enlèvement de Ganymède (Vienne) |
Cette série apporta de la notoriété à la Cour, grâce à son caractère sensuel.
Elle surprit l’empereur Charles Quint qui après son couronnement, au mois de février 1530, visita les Cours de ses plus fidèles alliés (en effet il séjourna un mois à Mantoue).
Alors le peintre des Grâces se mit au travail. En connaisseur amoureux du plaisir sensuel, il composa les Amours qui soulignaient son penchant culturel et littéraire afin de mettre en valeur les étreintes, leurs mouvements et les circonstances montrant les authentiques élans du cœur des amants du grand Jupiter.
Des chefs d’œuvres inoubliables, admirés encore de nos jours, sont nés ainsi.
Graziella BAIO LE CLAIR
lundi 30 novembre 2020
Brèves d'Italie (8)
Finanza allegra
Quand Agostino Magliani, en 1877, fut nommé Ministre des Finances par Agostino De Pretis, alors Président du Conseil des Ministres, il hérita d'une situation épineuse.
La Droite, en 1866, pour résorber le déficit, avait augmenté les impôts et mis en place le "cours forcé" de la monnaie.
Une mesure mise en œuvre dans le passé par un état à court d'argent et contraint d'imprimer plus de billets qu'il n'avait d'or dans ses réserves.
Cette intervention fit perdre un pouvoir d'achat à l'argent en générant l'inflation.
Une des mesures de Magliani, en 1881, fut d'abolir progressivement le "cours forcé" de la monnaie.
Pour trouver la couverture financière à cette téméraire opération, il fut contraint de solliciter un prêt de 644 millions de lires auprès des banques italiennes et étrangères, que l'état aurait converti en titres de rente à 5% et remboursé.
L'illustration intitulée "l'ouverture solennelle des guichets" offrant des pièces en échange de bons de papier sale, fut publiée en 1883 dans le journal humoristique de Bologne "La Rana"- qui en dialecte signifiait "fauché".
Il ironisait sur la mesure parce que dans le même temps le peuple, avec l'inflation, était resté en "sous vêtement" et n'avait même plus de vieux billets.
La loi eut une vie brève, la réapparition du déficit budgétaire en 1884 a imposé la suspension d'office de la convertibilité de la monnaie en Or.
Giolitti - Ministre du Trésor (1889-90) du gouvernement Crispi, présente Magliani comme le représentant caractéristique "d'une finance insidieusement optimiste et d'une manipulation financière", incapable de répondre par un refus (ce qui devrait être la devise de tout Ministre du Trésor, à toute question préjudiciable à la finance).
mardi 24 novembre 2020
Un Mantegna "découvert" dans la collection de l'Accademia Carrara
En 1866, le comte Guglielmo Lochis (1789-1859 - podestat de Bergame et grand connaisseur d'art), offre 240 œuvres de sa collection de peinture à l’Accademia Carrara de Bergame. Parmi ces œuvres figure « La Résurrection du Christ » d’Andrea Mantegna. À l’époque de son acquisition, la peinture est certifiée authentique, comme l’affirme un catalogue de 1846 (qui indique également que l’œuvre a subi quelques restaurations).
Plusieurs historiens d’art remettent en doute la paternité de l’exécution en raison de restaurations médiocres qui avaient altéré la qualité du tableau. Ils suggèrent que la peinture n’est pas une réalisation de Mantegna, mais plutôt un travail d’atelier.
C’est Bernard Berenson (célèbre historien de l’art américain, spécialiste de la Renaissance italienne) qui clôt le débat ; il considère que la toile est une copie. Elle est alors rangée dans les réserves du musée et oubliée. Elle va y rester pendant plus d’un siècle.
Alors qu’il procédait récemment au recollement des collections du musée en vue de l’édition du catalogue raisonné des collections de peintures des Trecento et Quattrocento, le conservateur en chef, Giovanni Valagussa, est tombé sur ce tableau qui l’a intrigué dès le premier coup d’œil, par la qualité de son exécution qui dépassait largement celle d’une simple copie. Il remarque aussi qu’une petite croix incomplète figure sur le bord inférieur de la toile. Cette croix a relancé l’enquête.
(1492-93 – collection privée).
Tempera sur toile. 38,8 x 42,3 cm (en bas)
La présence de cette croix ne s’explique que si La Résurrection de Bergame est en réalité la partie supérieure d’une composition plus grande qui montrait un autre épisode de la vie du Christ.
Partant
de cette hypothèse, le conservateur a réussi à établir un lien entre cette
toile et le tableau intitulé « La Descente aux Limbes qui représente le Christ descendant en
Enfer, après sa mort et sa Résurrection, pour libérer les âmes des Justes,
tenant dans sa main gauche la hampe d’une bannière dont l’extrémité supérieure
est tronquée. Après vérification, il est apparu que les compositions des deux
toiles concordent parfaitement et que la Résurrection constitue donc la partie
supérieure de « La Descente aux Limbes ».
En effet, la croix coïncide avec à l’extrémité de la bannière tenue par le
Christ de « La Descente aux Limbes ».
Et les rochers qui l'entourent sont aussi des éléments de continuité entre les
deux parties. Cependant, on peut constater que la partie supérieure a été amputée d'un bande de toile de quelques centimètres de largeur, sur le côté gauche.
Cette découverte a ainsi permis à Giovanni Valagussa de réattribuer la toile de Bergame à Mantegna, une identification rapidement confirmée par Keith Christiansen, le plus grand expert de l’œuvre de Mantegna. L’enquête a permis non seulement de confirmer que « La Résurrection du Christ » appartient bien au maître italien, mais aussi de la dater aux alentours de 1492.
« La Descente aux Limbes » faisait partie de la collection de Barbara Piasecka Johnson, et a été vendue en 2003 à un collectionneur privé pour 25,3 millions d’euros. Nous ne pouvons qu'imaginer le prix que l’œuvre pourrait atteindre si les deux parties étaient un jour réunies ...
dimanche 22 novembre 2020
La Tour de Pise
Un reportage qui, à mon avis pourrait vous intéresser, sur :
L’érection de la Tour de Pise














