Raffaello Sanzio, dit Raphaël (1483-1520)
La Transfiguration (1518-20 - Vatican)
Huile sur bois. 405 x 278 cm
En
1515, l’archevêché de Narbonne est
attribué au cardinal Italien Jules de
Médicis (1478-1534).
Fin
1516 ou début 1517, Jules de Médicis (futur pape Clément VII) commande deux
retables de mêmes dimensions pour la cathédrale du siège épiscopal de
Narbonne, l’un à Sebastiano del Piombo,
« La Résurrection de
Lazare » (Londres, National Gallery), et l’autre à Raphaël, « La Transfiguration ».
Le
thème de la Transfiguration est l’épisode biblique (Évangile selon Matthieu)
qui relate un changement d'apparence corporelle de Jésus pendant quelques
instants de sa vie terrestre, pour révéler sa nature divine à trois disciples.
Dans
le contexte de la rivalité permanente entre Raphaël et Michel-Ange, ce dernier a
décidé d'aider son ami vénitien, Sebastiano, en lui offrant ses propres dessins
pour le retable, en particulier pour les figures du Christ et de Lazare.
Chacun
des artistes retarde au maximum la réalisation de son tableau pour ne pas être
le premier à le révéler. C'est finalement Sebastiano qui livre le premier son
retable, qui est envoyé en France. Quant à Raphaël, il meurt d'un accès de fièvre en avril 1520, et son
tableau reste inachevé. C‘est donc son atelier, probablement Giulio Romano, qui se chargea de le compléter. Devenu
pape en 1523, le cardinal Jules de Médicis fit finalement don du tableau à l'église
San Pietro in Montorio de Rome où il resta exposé de 1523 à 1797. Le Pape Pie
VII fut contraint de le céder à la France en 1797 par le traité de Tolentino
(le traité, imposé au Saint-Siège par le Directoire français, consistait, entre
autres à prélever cent œuvres parmi les collections pontificales et romaines).
Il rejoignit alors le Muséum Central des Arts de la République (actuel Musée du
Louvre), puis fut restitué au Pape Pie VII à la chute de Napoléon, à la suite des
décisions du Congrès de Vienne, en 1815, imposées à la France. En 1817, le
fameux tableau retourna à Rome et intégra la Pinacothèque vaticane en 1820.
Le
tableau comporte deux parties narratives distinctes.
La
partie supérieure montre la Transfiguration sur le mont Thabor, le Christ
flottant devant des nuages illuminés, entre les prophètes Moïse et Élie. En
dessous, sur le sommet de la montagne, sont couchés les Apôtres St Pierre, St
Jacques le Majeur et St Jean Évangéliste, couvrant leur visage, aveuglés par la
lumière.
La
partie inférieure montre les autres apôtres, à qui une foule de gens paniqués,
ont amené un jeune garçon victime d'une possession démoniaque et qu'ils ne
parviennent pas à guérir. Le Christ, redescendant du mont Thabor où venait
d'avoir lieu sa Transfiguration, guérira l'enfant démoniaque d'une seule parole.
Commencé en 1518, « La
Transfiguration » est le dernier tableau peint par Raphaël. Cette œuvre majeure de la
Renaissance n’a jamais été envoyée à Narbonne.
Au
19e siècle, la Commission archéologique fait effectuer une copie du
tableau de Raphaël, par Pierre Nicolas Brisset (1810-90). Cette œuvre est toujours
en place aujourd’hui dans l’ancienne cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur de
Narbonne.