lundi 4 avril 2022

Un important retable d'un artiste italien offert au musée d'Orléans

Palma Giovane (1548-1628) 
La Nativité de la Vierge 
(vers 1600)
Huile sur toile 3,19 x 1,94 m

Dans son article du 31 mars 2022, Didier Rykner (directeur du site Internet « La Tribune de l’art ») annonce l’acquisition d’un grand retable de Palma Giovane (1548-1628) par le musée d’Orléans.

Palma le jeune (né Jacopo Negretti)  est le fils du peintre Antonio Negretti, et le petit neveu de Palma le Vieux (1480-1528). Le début de sa production artistique date de 1565. Peintre maniériste, il est l’héritier des grands artistes vénitiens du XVIe siècle, Titien et surtout Tintoret.

Palma le jeune a exécuté plusieurs fois le sujet de la naissance de la Vierge, mais toujours avec des variantes dans la composition.

Dans la version d’Orléans, une douzaine de personnages occupent l’espace de la toile. A l’arrière plan, on reconnaît Anne, la mère de Marie, qui vient d’accoucher ; cinq femmes s’affairent autour d’elle, et quatre autres, au premier plan, donnent les premiers soins à Marie qui vient de naître. A droite, le seul homme présent est Joachim, le père de Marie.

Dans la partie supérieure, quatre chérubins ailés soulignent la présence divine.

Cette très grande toile était présentée par la galerie Canesso à Paris. Cette acquisition exceptionnelle a pu se faire grâce à la grande générosité de la Fondation La Marck* qui, par l’intermédiaire de la société des amis du musée d’Orléans, a pu financer ce remarquable achat, constituant un enrichissement significatif.

Dans les collections du musée, les artistes vénitiens sont déjà représentés par un portrait attribué à Jacopo Robusti, dit Il Tintoretto, et par « Le Christ entre la Vierge et saint Marc » de Bonifacio de’ Pitati, qui fut le petit-neveu et l’élève de Palma le Vieux, et l’oncle de Palma le jeune.

 

(*) Philippe Champy, de nationalité française, est le fondateur de la Fondation La Marck qui s’est donnée pour tâche la sauvegarde du patrimoine, et l’enrichissement des collections publiques.

 

samedi 26 mars 2022

Une coupe de la Renaissance italienne retrouve son précieux couvercle


Cette remarquable coupe a très probablement appartenu à Rodolphe II de Habsbourg, avant de faire partie de la collection du cardinal Mazarin, puis de Louis XIV. En effet, la coupe et le couvercle de Vénus et Cupidon sont clairement décrits en 1661 dans l'inventaire posthume de la galerie du cardinal : « Une grande tasse d'une seule agathe d'Allemagne en coquilles, portée par un dauphin d'argent vermeil doré posant sur une coquille aussy d'argent vermeil doré, avec son couvercle d'une autre grande coquille d'Allemagne, aussy en coquilles, sur laquelle est entaillé une Venus tout nue couchée sur un drap et un petit amour auprés entourée d'un bord d'argent vermeil doré. »

Le vase resta dans les collections royales jusqu’à la Révolution. En 1796, sous le Directoire, le vase fut donné en paiement à un marchand comme d’autres œuvres des collections nationales.

Att. à Giovanni Ambrogio Miseroni (1551-1616) :
Coupe en a
gate des Grisons et argent doré
11,5 x 19,8 x 13,7 cm

La coupe seule réapparut dans une vente en 1968, où elle fut acquise par préemption par le Louvre ; mais le précieux couvercle avait disparu.

Att. à Giovanni Ambrogio Miseroni :
Camée « Vénus et l'Amour ». 
Agate des Grisons, monture en argent doré
9 x 20,5 x 14 cm 

Cinquante ans plus tard, le camée qui forme son couvercle, fut identifié à son tour dans une collection privée.

Gravé dans une agate des Grisons, ce camée représentant « Vénus et l’Amour  endormis dans un coquillage » est un véritable chef-d’œuvre de la glyptique de la Renaissance italienne. C’est l'une des plus importantes œuvres attribuées à Giovanni Ambrogio Miseroni (1551-1616), un des plus grands sculpteurs de pierres dures de son temps.

L’acquisition de ce camée par le musée du Louvre était une occasion exceptionnelle de rassembler les deux parties de la coupe de Louis XIV et, par-là, de recomposer une œuvre hors norme, l’une des créations les plus originales des lapidaires italiens du XVIe siècle.

Le cygne et la bordure curviligne en vermeil ont été attribués à l’orfèvre d’Augsbourg Anton Schweinberger (actif fin XVIe, début XVIIe s.).

Le prix de ce seul couvercle était évalué à 2 620 000 euros. La Société des Amis du Louvre a soutenu l’opération à hauteur de 250 000 euros, et plusieurs grands donateurs sont intervenus. De plus, le musée du Louvre a fait appel à la générosité de tous afin de réunir 1 million d’euros avant le 25 février 2022. L’opération  a été couronnée de succès, de sorte que le Grand camée de Vénus et l’Amour a retrouvé sa coupe, parmi les Gemmes de la Couronne, présentées dans la galerie d’Apollon.

 

 

mardi 15 mars 2022

Un exceptionnel médaillon Renaissance entre au MOMA


Vers le milieu du XVIIe siècle, un aristocrate anglais, George Treby III, rapporta cet objet de son Grand Tour en Italie. Cet extraordinaire médaillon en bronze partiellement doré et incrusté d’argent demeura dans cette famille jusqu’en 2003 où il fut proposé à la vente, et adjugé 6 949 250 £, dépassant son estimation.

Les institutions britanniques se mirent alors en ordre de bataille en refusant la sortie du médaillon et en réunissant les sept millions de livres correspondant à son adjudication afin de lui permettre de rejoindre les collections nationales, en l’occurrence le Victoria & Albert Museum.


Attribué à Gian Marco Cavalli (~1454-apr. 1508)
Vénus et Cupidon dans la forge de Vulcain (~1500)
Ø 42 cm - New York, The MOMA

Mais le nouveau propriétaire retira sa demande d’exportation quelques mois plus tard, conservant ainsi la sculpture sur le sol anglais. Le médaillon resta probablement dans la famille Al-Thani jusqu’en 2019 puis fut vendu au marchand Daniel Katz, qui déposa une nouvelle demande de sortie du territoire en 2021 : celle-ci engendra un nouveau refus de la part du DCMS, l’équivalent britannique de notre Ministère de la Culture. Son prix avait cependant augmenté, passant de sept à dix-sept (!) millions de livres, montant impossible à rassembler pour les musées anglais.


Le médaillon put ainsi être acquis par le Metropolitan Museum of Art de New York qui l’a officiellement annoncé le 23 février 2022. Il fallut cependant réunir un grand nombre de mécènes puisque le prix astronomique de cette pièce fut dévoilé par la presse américaine : avec 23 millions de dollars.


Le médaillon n’était vraisemblablement pas considéré comme un chef-d’œuvre de la Renaissance italienne par la famille Treby. Depuis il a été bien étudié. Son attribution à Gian Marco Cavalli, graveur, médailliste et orfèvre actif dans l’entourage d’Andrea Mantegna repose notamment sur la présence du cheval sur le casque forgé par Vulcain, dans laquelle les spécialistes voient une « crypto-signature » de l’artiste surnommé « Cavallino ». L’entrée du médaillon dans une collection muséale devrait lancer de nouvelles études sur cet objet qui doit beaucoup à Mantegna.

 

L’iconographie du médaillon est facilement reconnaissable : on y voit Mars avec son bouclier, Vénus tenant l’Amour avec son arc et sa flèche puis Vulcain forgeant son casque tandis que deux putti encadrent la scène, le premier jouant avec l’épée de Mars et le second attisant le feu de Vulcain. Un cartouche, ou tabula ansata, vient cependant nous renseigner davantage : l’inscription latine CYPRIA MARS/ET AMOR GAUDENT/VULCANE LABORAS (Chypre Mars et Amour se réjouissent — Vulcain, tu travailles) souligne combien certains prennent du bon temps pendant qu’un autre travaille. Ce sujet était en vogue dans les cours italiennes de la Renaissance.


dimanche 13 février 2022

Réveil de l'Etna



Violente éruption de l’Etna — Le volcan sicilien a eu en 2021 une activité soutenue. Il s’était apparemment engourdi cet hiver et semblait dormir sous un manteau neigeux. Le 10 février, il s’est brutalement réveillé. Des jets de lave de plus de 500 mètres de hauteur ont jailli du cratère sud-est et des cendres volcaniques ont été projetées jusqu’à une dizaine de kilomètres dans l'atmosphère. Ces phénomènes explosifs violents ont été accompagnés par des coulées sur le flanc de la montagne.

dimanche 26 septembre 2021

Une exposition d'Henri MASSIEU



Henri MASSIEU, membre de notre association depuis fort longtemps et Sarde d'honneur  vient de proposer une exposition à la maison des association (20 au 25 septembre 2021). Elle est intitulée :

Pastels secs

Cette présentation rassemble une sélection d'œuvres exécutées depuis une petite dizaine d'années.

À gauche de l'entrée du hall, étaient rassemblées celles exécutées à Orléans et à droite celles produites en Sardaigne.





Deux présentoirs nous permettaient de voir quelques pastels non encadrés. Enfin une vidéo réalisée par Henri donnait un autre regard sur ses œuvres.


Un fort bel ensemble qui nous rappelle que les pastels d'Orléans sont un des joyaux de notre musée des beaux-arts avec son admirable collection du XVIIIe siècle. 

Henri nous montre ici une belle maîtrise technique de cet art moins présent aujourd'hui. Il a su choisir avec discernement des sujets adaptés aux pastels.

Merci. Décidément, l'ACORFI rassemble beaucoup d'artistes…



mercredi 15 septembre 2021

Une exposition d'Alain FARNAULT



Notre ami Alain Farnault, adhérent de l'ACORFi, mais aussi sculpteur et céramiste, propose dans la Bibliothèque municipale de La Ferté Saint Aubin une exposition. 


Vous pouvez donc la voir jusqu'au 24 septembre dans l'auditorium de cette Bibliothèque.




Avec ma femme, Marie-Hélène, nous l'avons visitée samedi dernier, l'espace qui lui est réservé est fort agréable.

Cliquer sur les images pour les agrandir



Agréable et… instructif car Alain est sculpteur et sait nous faire partager son art de rendre vivants certains personnages ou moments de notre vie comme elle va, soit en ville, soit en campagne. Son esprit joyeux et ses mains expertes façonnent des figurines vivantes. 
Parfois, on s'arrête devant une silhouette de femme élégante chapeautée que l'on pourrait croiser dans une rue de la ville.







Parfois, on se retrouve amicalement dans un coin salon de thé où chaque objet nous appelle à la dégustation




Enfin, pour clore cette brève présentation :



samedi 1 mai 2021

Brèves d'Italie (10)

La Divina Commedia (estratto)




Voici quelques personnages-clé qui marquèrent l'époque de Dante et les raisons pour lesquelles celui-ci décida de les répartir entre l'Enfer, le Purgatoire et le Paradis.

En Enfer :


L'épisode fait référence à la bataille de Forli (1282) au cours de laquelle le condottiere simule la reddition, pour ensuite massacrer, par surprise, l'armée française.

Guido Ier, dit il Vecchio était un condottiere gibelin, seigneur du Comté de Montefeltro, qui se distingua par ses entreprises militaires en Romagne.


Jugement de Dante : tricheur, pour avoir gagné la bataille par tromperie !

Réalité historique : durant la bataille de Forli, les Français appelés par le pape Martino IV (1281-1285) avaient assiégé la Cité. Guido feint la reddition pour mettre fin au siège. Ainsi quand les ennemis entrèrent, il les prit à l'improviste et les massacra.

Ce fut seulement une victoire momentanée car l'année suivante le pape reprit le contrôle de la ville et Guido, après l'excommunication papale, fut exilé. 

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Au Purgatoire : 

En référence à Charles Ier d'Anjou, qui en 1266 s'appropria le royaume de Sicile, Corradino appelé en Italie par les Gibelins pour se débarrasser du despotique souverain, n'hésita pas à se battre, mais Charles le fit décapiter.

Corradino di Svevia, dernier rejeton de la Maison des Hohenstaufen, était le fils de Corrado IV di Germania et petit-fils de l'empereur Frédéric II. Occupé à la reconquête du territoire Souabe en Italie, après la défaite à la bataille de Tagliacozzo (1268), il fut trahi par Giovanni Frangipane qui le remit au roi.


Jugement de Dante : trop de vigueur dans la poursuite des biens matériels.

Réalité historique : en 1267, Corradino entre en Italie pour revendiquer le trône hérité du grand père Frédéric II. Le 23 août 1268 il fut défait et capturé. La condamnation fut décidée "sur le papier" par Charles Ier et le pape Clément IV, mais pour donner un semblant de légalité, il fut condamné au cours d'un procès et ainsi le 29 octobre 1268 le jeune prince fut décapité à l'âge 16 ans ! Ainsi s'éteignit la lignée des Hohenstaufen.

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Au Paradis :

 
Béatrice indiqua à Dante la place réservée, au Paradis, à l'âme du noble Arrigo (Enrico VII) qui sur la terre fut empereur et essaya de remettre l'Italie sur le droit chemin.

Henry VII, re di Germania (1308) empereur "del Sacro romano impero" (1312), était l'homme sur lequel Dante avait reporté toutes ses espérances pour rentrer à Florence. Il lui réserva un siège parmi les " bienheureux " dès 1300 (époque où se déroulait idéalement son voyage dans l'au-delà), même si l'empereur mourut en 1313.


L'enthousiasme de Dante
(bien qu'étant guelfe) pour le nouvel empereur était dû à l'espoir qu'il sauve l'Italie des rivalités politiques, en rétablissant l'autorité impériale dans les communes rebelles qui ne permettaient pas le retour des guelfes blancs dans leur patrie. 

Réalité historique : en 1310, Henry VII entre en Italie appelé par Clément V (sur le trône pontifical de 1305 à 1314 en pleine rédaction de la Commedia) pour la pacifier et la libérer des guerres locales. Mais le pape le trahit soulevant contre lui plusieurs cités (parmi lesquelles Florence) et le parti guelfe. L'échec d'Henry signifia pour Dante sa définitive condamnation à l'exil.